Coordonné par A.Aublet-Cuvelier, A. Cuny, P. Simonet, H. Tahar Ben Chekroun

La contribution de facteurs psychosociaux à la survenue des TMS fait aujourd’hui pleinement consensus. L’élargissement du modèle étiologique s’est avéré essentiel tant pour une meilleure compréhension des mécanismes à l’œuvre, que pour tendre vers une prévention des TMS plus collective et plus en amont. Les modalités des interrelations entre les facteurs, autant que leurs méthodes d’analyse et la traduction concrète de ces connaissances dans les interventions de prévention, restent cependant à approfondir. Ainsi, les sessions consacrées à ce thème concerneront 3 axes principaux :

  • L’approfondissement des connaissances sur les relations entre les facteurs de risque de TMS de différentes natures. Les relations entre la survenue des TMS, les facteurs psychosociaux issus des modèles de risque les plus connus (latitude décisionnelle, autonomie, soutien social, exigences psychologiques, surinvestissement) et certains facteurs de risques psychosociaux (par exemple, le sens du travail, les conflits de valeurs, etc.) et organisationnels (nouvelles formes d’organisation, etc.), sont encore insuffisamment pris en compte dans les études épidémiologiques. Il s’avère nécessaire de les explorer, en s’attachant à distinguer :
    • les facteurs étiologiques des facteurs de chronicisation ou encore pronostiques ;
    • les TMS de survenue brutale (accidents du travail tels que les lombalgies aigües) de ceux s’installant dans la durée (maladies à caractère professionnel d’installation progressive) ou à caractère récidivant ;
    • la nature des TMS et les mécanismes physiopathologiques à l’œuvre ;
    • La nature des activités professionnelles en cause ;
    • Les interactions avec des facteurs extra-professionnels.
  • Mieux cerner le rôle de modération des facteurs psychosociaux et organisationnels sur les autres facteurs de risque de TMS et identifier dans quelle mesure ils constituent aussi des ressources pour agir en prévention, dans une vision constructive de la santé au travail. Ces questions seront abordées à la croisée des disciplines, en considérant la diversité des secteurs d’activité concernés, celle des populations affectées et le niveau d’intervention visé (primaire, secondaire, tertiaire ou intégré). La maturité de la culture de prévention en fonction du contexte socio-économique et démographique sera également prise en compte. Ainsi, par exemple, existe-t-il des différences en fonction du secteur et du type d’activité (industriel versus tertiaire)? Existe-t-il des spécificités propres aux travailleurs migrants, aux travailleurs des pays émergents, aux travailleurs saisonniers, etc. ?
  • Discuter des méthodes et outils existants ou à développer pour qu’ils intègrent au mieux l’évolution de ces connaissances. Comment, par exemple, prendre en compte les facteurs psychosociaux pour donner de la marge de manœuvre aux travailleurs ? Comment mieux les analyser à l’échelle de la situation de travail voire des gestes professionnels ? Comment intégrer ces dimensions dans des contextes très diversifiés ?

En complément de ces axes, l’usage du terme « RPS » en lien avec la prévention des TMS sera également questionné.